La blockchain un nouvel espoir

27 février 2018

Ce compte rendu retrace la conférence sur la blockchain présentée par Anca PETRE ce jeudi 22 février 2018. Au sommaire : e-santé et utilisation de la blockchain dans le domaine de la e-santé.

1.    Introduction préliminaire : la e-santé

La e-santé ou santé connectée ou santé numérique est l’ensemble des outils numériques appliqués au secteur de la santé.

Le marché de la e-santé est en très forte progression : plus de 6 milliards de dollars ont été investis ces dernières années.

Cette technologie disruptive nous touchera tous et aujourd’hui la grosse problématique c’est d’adapter les nouvelles technologies aux patients. Chez le grand public, on distingue 3 étapes de réactions face à une technologie disruptive :

  • On pense qu’elle n’est pas utile
  • Elle est contrée
  • Enfin, elle est acceptée.

De nombreux outils de e-santé existent déjà, auxquels sont associés différentes technologies :

  • L’intelligence artificielle présente dans notre quotidien : Siri, Google Home. Ou dans le secteur de la santé comme : outil d’amélioration de diagnostic, outil de consultations en ligne, chabots de soutien pour les patients atteints de maladies chroniques, intelligence qui analyse l’imagerie médicale …
  • La génomique, dont le prix a considérablement baissé en quelques années (100 dollars), permet de séquencer son propre ADN dans le but d’en extraire les informations. Cette technologie permet d’adapter le traitement du patient en fonction de ses prédispositions génétiques, cependant il faut savoir en interpréter les données.
  • Les IOT : comme la pilule connectée qui permet de suivre l’observance du traitement par le patient.

Le point commun entre toutes ces technologies ? le bigdata, dont les enjeux sont de collecter des données de qualité, les analyser, mais aussi de les conserver de manière cryptée. C’est tout l’intérêt de la blockchain.

2.    La blockchain

La blockchain correspond au stockage massif de données sous forme cryptée. Elle a besoin d’une connexion pour fonctionner. Il s’agit d’un stockage sécurisé, grâce au cryptage des données patient, et immuable : une fois que les informations sont dans la blockchain, il n’est pas possible de les effacer. Le seule possibilité est d’ajouter une nouvelle version du document qui va remplacer le précédent (ex : nouvelle version d’un compte rendu médical). Ces informations sont décentralisées, et seront présentes dans tous les ordinateurs des personnes qui ont participé à la rédaction de ce registre. A savoir que le document ne se met pas à jour automatiquement, chaque utilisateur doit le mettre à jour sur son ordinateur en téléchargeant la nouvelle version.

Exemple de blockchain « publique » : le Bitcoin, qui est un enchaînement de livres de comptes rassemblant les historiques d’achat/paiement de bitcoin entre diverses personnes.

La blockchain en santé

Aux Etats-Unis, seules 5% des startups spécialisées dans la santé utilisent la blockchain. C’est un secteur au début de sa transformation digitale, les étapes de mise en place sont nombreuses, la réglementation est contraignante et les professionnels de la santé y sont peu sensibilisés.

En Europe on retrouve les grands acteurs de la blockchain dans des startup principalement positionnées à l’Est (Estonie, Russie, Georgie, Norvège …), pays dans lesquels la législation est la plus simple. Les protagonistes sont nombreux et leurs diverses compétences sont indispensables, notamment ceux qui :

  • créent la blockchain
  • créent les dossiers médicaux électroniques
  • analysent et partagent les données médicales
  • gèrent les données génétiques.

Ils se répartissent comme suit : 38% dans le partage des données médicales, 18% dans la création de dossiers médicaux électroniques, 18% dans l’infrastructure de la blockchain et 7% dans la gestion des données génétiques.

A plus grande échelle, l’Estonie a un système de partage des données médicales entièrement blockchainisé, chaque citoyen possède une carte cryptée qui regroupe toutes ses données (factures médicales, carnet de santé …). Ce système est entièrement contrôlé par l’état. Chaque utilisateur peut partager ses données s’il le souhaite, et suivre en temps réel qui consulte ses données.

Pour conclure sur cette conférence : la blockchain semble être l’avenir de la e-santé, et il est nécessaire d’anticiper et d’accepter son développement. Tout en gardant une part de recul sur les nouvelles technologies notamment sur la question de la place de l’humain et son consentement.


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Source de l’image : bionic.ly

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